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02 | 12 | 2024

La Lettre de Lethica n°17

Edito

La Lettre de Lethica n°17

Chères toutes, chers tous, membres et ami·es de Lethica,

L'assemblée générale de l'institut s'est tenue le 12 novembre dernier et a été l'occasion de faire le point sur les activités, les nouveaux membres et la gouvernance. Porté par l'unité de recherche Configurations Littéraires (CL), Lethica voit sa gouvernance évoluer, avec un comité de pilotage désormais élargi aux unités de recherche dont plusieurs membres ont développé des projets en collaboration depuis le lancement de l'iti : Culture et Histoire dans l'Espace Roman (CHER), Groupe d'Etudes Orientales (GEO), Mondes Germaniques et Nord-Européens (MGNE) et Savoirs dans l'Espace Anglophone : Représentations, Culture, Histoire (SEARCH).

Le nouvel appel à projets 2025-2027 est lancé et ouvert jusqu'en février 2025 (réponse en juin 2025), et nous accueillerons avec plaisir vos divers types de projets.

Concernant le Lethictionnaire, dont le nombre dépasse maintenant 200 notices, une meilleure interface est prévue dans l'année à venir. Avant de plus amples précisions, une feuille de style améliorée est disponible, et indique notamment les codes ANR à renseigner lors de votre dépôt dans UnivOAK/HAL.

Le focus et le dossier de cette Lettre ont été rédigés par Nicole Siri, postdoctorante sortante de notre iti, à l'occasion de la réalisation de son projet sur les enjeux éthiques des représentations du travail. Le focus sur le philosophe Richard Sennett avec quatre recensions d'ouvrages est complété par un dossier sur l'éthique du travail ainsi qu'un compte-rendu des divers événements du projet « Faut-il imaginer Sisyphe heureux ? ».

Nous vous souhaitons bonne lecture,

Anthony Mangeon, coordinateur de l’iti Lethica
Suzel Meyer, ingénieure de recherche Lethica

Appel à projets ouvert jusqu'au 28 février 2025
Nos événements en 2025

Agenda de Lethica

Nos événements en 2025

Une nouvelle feuille de style pour rédiger vos notices
La grâce et la pesanteur. Le célibat obligatoire des prêtres en question, de Marie-Jo Thiel
L'Académie des écrivain·es sur les droits humains (novembre 2023)
@rchibeau : Archives numériques de la correspondance et des papiers manuscrits de Beaumarchais

Partenariat

@rchibeau : Archives numériques de la correspondance et des papiers manuscrits de Beaumarchais

Ce projet porté par Linda Gil a été sélectionné et sera soutenu par l'ANR pour une durée de 5 ans, et associe quatre laboratoires partenaires : l'IRCL de Montpellier, le CELLF de Sorbonne-Université, PLH de Toulouse et LUHCIE de Grenoble-Alpes. En outre, le partenariat avec Lethica en 2024-2025 permettra des séjours de recherche ainsi que l'organisation d'une double journée d'études les 27 et 28 février 2025 à Strasbourg, à laquelle le CELAR s'associe, sur le projet de recherche sur la correspondance de Beaumarchais et son activité d'éditeur à Kehl : « Beaumarchais penseur des Lumières, en sa correspondance » (appel à communications ouvert jusqu'au 31 décembre 2024).

Richard Sennett

Focus

Richard Sennett

Richard Sennett (né en 1943) est un sociologue et philosophe américain. Élève de la philosophe Hannah Arendt, il a mené des travaux sur la vie ouvrière, les liens sociaux dans les agglomérations urbaines, et les implications éthiques des différentes manières d’organiser le travail, dont la flexibilité. Entre 2008 et 2018, il s’est notamment consacré à ce qu’il a appelé le projet Homo faber : une trilogie d’essais (Ce que sait la main, Ensemble, Bâtir et habiter) portant sur les pratiques qui façonnent la vie des hommes et des femmes. Sennett s’est penché d’abord sur la relation entre corps et esprit dans l’artisanat ; ensuite, il a interrogé les pratiques et l’éthique de la coopération ; enfin, il s’est intéressé aux villes en tant que dispositifs qui façonnent nos manières de vivre ensemble. Au cœur du projet Homo faber se trouve un enjeu éthique : « Dans quelle mesure les hommes et les femmes peuvent-ils être, aujourd’hui, les maîtres de leur propre vie ? ».

Travail et éthique

Dossier

Travail et éthique

Nicole Siri propose un compte-rendu des divers événements de son projet de postdoctorat « Faut-il imaginer Sisyphe heureux ? ».

Lors de l'exposition du même nom, les cartels et fiches explicatives des œuvres exposées étaient complétées par de nouvelles notices du Lethictionnaire afin d'approfondir les réflexions sur les représentations du travail et les enjeux éthiques qu'elles soulèvent. Le sociologue et économiste Max Weber (L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme, [1905] 2017) identifie le travailleur aventurier, qui prend de grands risques pour faire de grands profits, sans aucune éthique, auquel il y oppose le bourgeois travailleur, prudent et méthodique : ce nouvel éthos du travail est une réelle révolution morale. À la suite de Weber, le chercheur Franco Moretti (The Bourgeois. Between History and Literature, 2013) s'intéresse au roman Robinson Crusoé et à son personnage qui ne cesse de travailler sur son île déserte, même une fois ses besoins assurés : d'aventurier sans scrupule, il devient un bourgeois capitaliste rationnel, et une représentation littéraire qui permet de penser les contradictions éthiques des modèles du travail. Autre méditation sur l'éthique du travail, le philosophe et sociologue Hartmut Rosa (Aliénation et accélération. Vers une théorie critique de la modernité tardive, [2010] 2014) propose une étude sur l'accélération du temps dans la modernité, et les bouleversements et enjeux éthiques liés à l'innovation et au progrès.

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